La ville de Figuig et son oasis frontalière traversent une période de fortes tensions, selon une missive envoyée par la Coalition marocaine des organisations de défense des droits humains au chef du gouvernement. Les habitants dénoncent depuis plus de deux ans l’accaparement de leurs terres agricoles par l’Algérie, une situation ayant des conséquences économiques directes sur les propriétaires marocains.
La lettre ouverte pointe également la contestation locale autour de la gestion de l’eau potable. Les habitants s’opposent au transfert de cette responsabilité à la Société régionale multiservices de l’Oriental, dénonçant un processus effectué « sans consultation préalable » et « en violation des principes de démocratie participative ».
Face à cette double crise – foncière et hydrique –, la coalition appelle le gouvernement à intervenir rapidement pour « apaiser les tensions » et « répondre aux revendications légitimes » des habitants. Elle insiste sur l’importance de respecter les droits politiques locaux, notamment la liberté de décision des habitants en matière de distribution de l’eau dans l’oasis.
Les signataires soulignent qu’une approche fondée sur le dialogue pourrait « contenir la crise, prévenir toute escalade et favoriser une solution juste et durable ».
Cette initiative survient moins d’un mois après une nouvelle incursion de soldats algériens dans les terres agricoles limitrophes de Figuig. À Ksar Ich, des propriétaires marocains ont été empêchés d’accéder à leurs exploitations par l’installation de barrières, justifiées par un accord datant de 1972.
La situation vient s’ajouter à une série de tensions autour de la gestion des ressources hydriques de la province, un dossier qui anime les contestations locales depuis 2024 et qui continue d’inquiéter les habitants et les autorités.


